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Madagascar · Carnet de route

Vingt-quatre heures
de route pour
la vanille.

Nosy Be Antalaha Sambava

Carnet de route

Je voulais aller chercher ma vanille au plus près de sa région de production, rencontrer des producteurs et choisir les gousses moi-même. Sur le papier, c’était un trajet, quelques rendez-vous et un retour avec le lot. La route avait prévu une version plus longue.

La route de la vanille — le voyage en images, avec les sons enregistrés sur place.

La route : premier test de patience

À l’aller, il m’a fallu environ vingt-quatre heures de porte à porte. Ce n’était pas uniquement à cause de la distance. À un moment, le chauffeur et un client se sont battus. Le trajet s’est arrêté pendant plusieurs heures. Je pensais que le plus compliqué était passé lorsque nous sommes repartis.

Cinq cents mètres plus loin, le véhicule est tombé en panne. Cinq cents mètres : à peine le temps de se rasseoir et de croire à nouveau à l’horaire. J’ai fini par arriver à Antalaha à l’aube, fatiguée, mais avec une certitude : pour cette vanille, je m’étais déjà déplacée bien plus qu’une simple commande ne l’aurait demandé.

Un tuk-tuk sous un ciel doré au lever du jour.
Le jour se lève après la nuit de route.

Antalaha, Sambava et le pays de la vanille

Antalaha se trouve au sud de Sambava, dans la région SAVA. Son nom réunit les quatre districts de Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa. Cette région du nord-est est le principal bassin historique de production de vanille à Madagascar. D’autres régions en cultivent aussi ; la SAVA concentre l’essentiel de l’histoire et du savoir-faire de cette filière.

Ma famille est originaire de cette région, et ma mère y produit de la vanille. Ce voyage était aussi l’occasion de la retrouver et de choisir les gousses avec elle. Dans la vidéo, la femme qui examine les bottes à la lumière de son téléphone, c’est ma mère, la productrice. Après la nuit de route, le voyage changeait de rythme : on passait des heures comptées sur la route aux minutes passées avec une gousse dans la main.

Choisir avec les yeux, les doigts et le nez

Je voulais pouvoir regarder les gousses, les toucher, les sentir et comparer les lots. Une photographie ne dit pas si une gousse est souple, ni comment son parfum évolue lorsqu’on la manipule. Cette sélection sur place se poursuit avec les mesures réalisées au laboratoire.

Il y a eu les discussions avec les producteurs, puis la négociation. Choisir une vanille, ce n’est pas seulement dire « celle-ci sent bon ». Il faut savoir de quel lot on parle, ce que l’on achète, en quelle quantité et avec quels documents on repart. Une fois la sélection faite, il restait à empaqueter les gousses pour le trajet du retour et à réunir les papiers associés.

La mère de Brenda, productrice de vanille, examine les bottes de gousses à la lumière de son téléphone.
Ma mère, productrice de vanille, examine les bottes à la lumière de son téléphone.

Du récit à l’analyse

Après avoir choisi les gousses avec ma mère, je voulais aussi disposer de mesures sur l’échantillon présenté au laboratoire. Le bulletin PRULAB établi à Sambava le 19 septembre 2026 indique un taux d’humidité de 35,19 % et un taux de vanilline de 1,75 %.

Et puis le retour

Il fallait encore revenir avec les gousses, les documents et le souvenir d’un trajet qui avait déjà largement dépassé son programme. La panne et la longue pause finiront sans doute par devenir les passages les plus racontés de cette histoire. Pourtant, ce que je retiens surtout, c’est le moment où j’ai pu choisir ma vanille sur place et rencontrer celles et ceux qui la produisent.

Quand je présenterai ces gousses à Nosy Be, j’aimerais que l’on voie les deux faces de ce voyage : les beaux paysages de la SAVA et les complications très terrestres qu’il a fallu traverser pour les rapporter.

Un banc face aux vagues, sur la côte.
La côte, au fil du voyage.

Pour situer la région SAVA et son rôle dans la filière, voir le guide de production de la vanille publié par la Banque mondiale.

À lire aussi : pourquoi je vends aussi de la vanille et la boutique de Nosy Be où je présente ma gamme.

La boutique et ses horairesÉcrire à Brenda